La vague Speedo

Je vous faisais part dans une note précédente des vainqueurs des Jeux Olympiques… J’avais oublié de mentionner la marque Speedo, qui elle-aussi ressort grandie de ces Olympiades à Pékin.

Alors pourquoi un article sur Speedo et les J.O. près d’1 mois après la fin de la compétition?

Tout simplement parce que Nike vient d’annoncer son retrait de la natation.

En effet, la marque au swoosh a décidé de ne plus se consacrer au développement de nouvelles combinaisons. Selon le communiqué de presse, une telle dépense en R&D et marketing ne rentre pas dans la stratégie de croissance à long terme de la marque. Même si la dernière combinaison en date, la Nike Swift Swim, lancée juste avant les JO d’Athènes, a gagné quelques 15 médailles olympiques et a battu presque autant de records du monde, l’équipementier a du céder face à la puissance de Speedo.

D’un point de vue quantitatif, ce retrait est justifié puisque la marque de Beaverton perd près de 6 points, de 18.2% à 12.6%, face à un Speedo qui possède près de 60% du marché et jouit d’un revenu évalué à près de 200 millions de dollars.

Cette décision est une déception de plus pour Nike, après les performances de Bernard Lagat, Asafa Powell et Liu Xiang, qui avoue là son impuissance vis-à-vis de Speedo et de sa LZR Racer, combinaison préférée des nageurs (plus de 90% des nageurs participant aux JO portaient cette combinaison). Mais le retrait de Nike de la natation signifie aussi la fin des deals avec les nageurs. Mauvaise nouvelle pour eux donc quand on sait que pour 95% des nageurs, ces contrats avec l’équipementier représentent la source principale de revenu. Selon l’agent Evan Morgenstein, un départ de Nike et une position quasi-monopolistique de Speedo signifierait la fin du business model de l’an 2000.

Comment faire alors pour remotiver un jeune nageur sans contrat et donc sans finances ? On verrait alors apparaitre la fédération américaine de natation, obligée d’investir dans ce sport afin de maintenir le niveau des nageurs américains et de s’assurer autant de médailles qu’aux JO de Pékin.