Fanatics Collectibles ouvre ce samedi 20 juin 2026 un pop-up store au Westfield Forum des Halles. Après Munich en mai et Manchester fin 2025, la France devient la nouvelle étape d’une expansion européenne. Chaque ville sert de test grandeur nature avant un éventuel ancrage permanent.
Une boutique éphémère, premier jalon vers Paris

Fanatics Collectibles est la filiale du groupe américain Fanatics dédiée aux cartes et objets de collection sous licence. Elle ouvre ce samedi 20 juin à 12h un pop-up store au sein du Westfield Forum des Halles. C’est en effet l’un des centres commerciaux les plus fréquentés d’Europe. L’enseigne y installera ainsi temporairement son univers Topps. Les visiteurs y retrouveront notamment des produits sous licence UEFA Champions League, Premier League, NBA, Formule 1, UFC, Paris Saint-Germain, Real Madrid, NFL, WWE et MLB.

Le programme d’ouverture mêle plusieurs temps forts. Des apparitions d’athlètes sont prévues, ainsi que des ouvertures de paquets en direct, appelées « live box breaks ». Des sessions d’initiation s’adressent par ailleurs aux nouveaux venus dans le « Hobby » — le nom donné par les collectionneurs à cet écosystème. La programmation doit en outre se renouveler chaque semaine, avec notamment l’arrivée de nouveaux produits Bundesliga et NFL. Cette logique de renouvellement constant vise un objectif précis : donner aux collectionneurs une raison de revenir régulièrement, semaine après semaine.
Un schéma d’expansion déjà rodé en Europe
Ce passage par la case pop-up n’a rien d’improvisé. Fanatics Collectibles applique en effet en France une méthode déjà testée ailleurs sur le continent. Le groupe a ainsi ouvert un pop-up à Munich le 9 mai 2026. C’était sa première implantation retail hors du Royaume-Uni. Il avait auparavant testé Manchester dès le 17 octobre 2025, avant la fermeture de ce site en janvier 2026. Seul Londres a finalement basculé du format temporaire au format permanent, avec une boutique ouverte sur Regent Street en 2025.
La logique est limpide. Chaque pop-up sert donc de test de marché avant un éventuel bail long terme. Le communiqué présente d’ailleurs Paris comme une étape vers un « marché clé » pour la France. Le scénario suit ainsi un protocole déjà validé ailleurs, plutôt qu’une décision isolée. Cette méthode permet à Fanatics de limiter le risque financier tout en mesurant précisément la demande locale avant tout engagement immobilier de long terme.
Le pari du retail physique pour une marque née du digital
Fanatics reste avant tout un acteur du e-commerce et du licensing. Investir dans un point de vente physique au cœur de Paris répond pourtant à une logique précise. L’objectif est en effet de transformer une communauté de collectionneurs en ligne en une expérience tangible et récurrente. Les « box breaks » en direct, les rencontres entre collectionneurs et les apparitions d’athlètes ne servent donc pas seulement à vendre des cartes. Ils construisent ainsi une fréquentation régulière. C’est une condition nécessaire avant tout engagement immobilier durable dans une ville aussi coûteuse que Paris.
Le choix du Forum des Halles n’est pas neutre non plus. L’emplacement est à la fois touristique et fréquenté par une clientèle locale jeune. Il permet par conséquent de tester simultanément deux publics : les collectionneurs déjà convertis, et les passants susceptibles de découvrir le Hobby. C’est précisément une variable que Fanatics ne pouvait pas mesurer avec la même précision via son seul canal e-commerce.
Le contexte FIFA, toile de fond de l’opération
Cette ouverture parisienne s’inscrit dans un calendrier plus large pour Fanatics Collectibles. Le groupe a sécurisé un contrat de licence exclusif avec la FIFA. Il porte sur les objets de collection physiques et numériques, et entrera pleinement en vigueur en 2031. Panini conserve ses droits jusqu’à cette échéance. Le pop-up parisien doit notamment présenter le programme « World Cup debut jersey patch ». Le principe : des écussons prélevés sur les maillots portés par les joueurs lors de leur premier match en Coupe du Monde, ensuite intégrés à des cartes Topps.
L’enjeu dépasse donc la seule ouverture d’une boutique. Ville après ville, Fanatics construit l’infrastructure retail qui doit accompagner sa montée en puissance sur le marché du football mondial. C’est un marché où elle prendra définitivement la suite de Panini dans cinq ans. Mais c’est aussi un marché où elle cherche, dès maintenant, à occuper le terrain culturel et commercial.
Ce que ça change pour le marché français du collectible
Pour les acteurs français du sponsoring et du licensing sportif, l’arrivée physique de Fanatics Collectibles à Paris est un signal à observer de près. Le marché des cartes à collectionner sportives reste largement sous-développé en France. La comparaison avec le Royaume-Uni ou l’Allemagne, où les pop-ups ont rapidement trouvé leur public, est éclairante à ce titre.
Si Paris confirme l’appétit constaté à Munich, la France pourrait devenir le prochain marché où Fanatics transforme un test éphémère en présence durable. Cela ouvrirait des opportunités concrètes pour les clubs et fédérations hexagonaux : partenariats locaux, activations de marque, co-branding sur des produits exclusifs. Le PSG et le Real Madrid figurent déjà parmi les licences exposées dans le pop-up. Une montée en puissance du marché français profiterait directement aux ayants droit déjà engagés avec Topps.
La réponse se jouera dans les prochains mois, au rythme de la fréquentation du Forum des Halles. Un éventuel passage au format permanent constituerait, après Londres, le deuxième signal fort de l’ambition européenne de Fanatics Collectibles.

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