La Coupe du monde de football unifié Special Olympics Paris 2026 arrive dans quelques jours. C’est la première fois que cette compétition, qui oppose des équipes composées de joueurs « avec » et « sans » déficience intellectuelle, se tiendra en Europe, après les deux premières éditions organisées aux États-Unis. Le match d’ouverture opposera la France au Sénégal dans le tournoi masculin, le lundi 6 juillet au stade Sébastien-Charléty. La compétition se terminera quant à elle le 11 juillet.
Sportsmarketing était présent au siège de la FFF le 16 avril dernier lors de la soirée organisée dans le cadre du tirage au sort de la compétition. Interview avec Julien Collette, directeur exécutif du comité local d’organisation de l’événement.

Bruno Cammalleri : après deux premières éditions aux Etats-Unis, comment la France a-t-elle obtenu l’organisation de cette compétition ?
Julien Collette : il s’agit de la troisième édition de la Coupe du monde de football unifié que Special Olympics a créé en 2018 et veut réellement mondialiser, donc sortir des Etats-Unis après la pandémie. Special Olympics France a décidé de candidater au début de l’année 2025 pour se développer et le faire dans la dynamique de l’héritage des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. C’est sur la base de cette promesse des Jeux de Paris 2024 que l’on a emporté le droit d’organiser la Coupe du monde de football unifié à Paris. Special Olympics a salué notre projet qui n’était pas seulement un projet d’événement mais réellement un projet d’héritage pour développer le sport inclusif partout en France.
Bruno Cammalleri : quel est ce lien entre Paris 2024 et la candidature de la France à l’organisation de la Coupe du monde de football unifié 2026 ?
Julien Collette : nous avions déposé la candidature fin mars 2025. Ce qui a marqué toute la communauté sportive c’est le succès des Jeux paralympiques, avec des athlètes et des fans qui ont montré la meilleure image du sport. C’est cet aspect du sport, d’un sport différent, que l’on va montrer : le sport proposé aux personnes en situation de handicap intellectuel dont l’inclusion peut se faire par le sport grâce à l’universalité du football et au foot unifié, dans la mesure où l’on réunit dans une même équipe des athlètes en situation de handicap et des athlètes qui ne le sont pas.
Bruno Cammalleri : pouvez-vous nous en dire davantage sur le mouvement Special Olympics ?
Julien Collette : Special Olympics est un mouvement créé par la Fondation Kennedy en 1968 dans le but de permettre aux personnes en situation de handicap intellectuel de s’épanouir personnellement, de vivre en meilleure santé et de s’intégrer socialement grâce au sport et via des programmes éducatifs et sanitaires. Special Olympics a immédiatement été reconnu par le Comité International Olympique, c’est pour cette raison que nous avons le droit d’utiliser la marque. Cela démontre que l’olympisme n’est pas réservé qu’aux athlètes valides ou aux athlètes les plus performants mais aussi aux para-athlètes en situation de handicap physique et aux athlètes en situation de handicap intellectuel. Le mouvement organise tous les quatre ans des Jeux mondiaux d’été ou d’hiver sur le modèle olympique. En France, l’association date de 1991. Elle monte en puissance et elle va continuer de monter en puissance grâce à l’accueil de cette Coupe du monde.
Bruno Cammalleri : de quels horizons viennent les joueuses et les joueurs ?
Julien Collette : ils viennent principalement des établissements médico-sociaux qui adhèrent à Special Olympics France et qui pratiquent le foot grâce à Special Olympics et à des clubs inclusifs. Nous les avons sélectionnés en Île-de-France pour qu’ils puissent s’entraîner avec les joueuses et joueurs du centre d’entraînement du Paris FC qui est notre club de référence et qui a décidé de soutenir le projet. Nous avons constitué ces équipes unifiées entre des joueuses et joueurs d’établissements franciliens de Special Olympics entre 16 et 23 ans et des jeunes du centre de formation du Paris FC.
Bruno Cammalleri : quels sont vos objectifs pour Coupe du monde de football unifié ?
Julien Collette : grâce au soutien de la Ville de Paris et des pouvoirs publics en général dont on a bénéficié dès le début de l’accompagnement, on va avoir un grand stade à disposition qui est le stade Charlety, le stade résident de l’équipe féminine du Paris FC. Notre objectif, grâce à une billeterie gratuite, sera d’attirer le maximum de spectateurs pour qu’ils découvrent la compétition. Et notamment tous les fans de football étant donné que nous serons en pleine Coupe du monde de la FIFA. Le message est le suivant : si vous êtes fans de foot et de sport en général, venez-voir une autre Coupe du monde de foot qui se joue à Paris à Charlety et qui va réunir des athlètes en situation de handicap et d’autres qui ne le sont pas. Nous allons inciter les clubs de football amateur parisiens et franciliens de ce point de vue là à venir, les centres de loisirs de la ville de Paris et des communes avoisinantes, tous les usagers des établissements médico-sociaux à venir soutenir les équipes. Nous comptons également sur les communautés des pays étrangers dont les équipes participent, comme la communauté sénégalaise dont on espère qu’elle va se mobiliser fortement pour le match d’ouverture.
Bruno Cammalleri : quels sont vos différents partenaires ?
Julien Collette : tout d’abord, les pouvoirs publics nous ont tous accompagnés, à commencer par l’Etat qui nous a reconnu comme grand événement sportif international, ce qui est un geste fort, puis la ville de Paris, la métropole du Grand Paris, la région Île-de-France. Nous avons reconstitué la famille olympique en réunissant ces partenaires publics. Nous pouvons citer la Fédération française de football (FFF) et le Paris FC, avec un soutien fort du district de football de Paris qui nous mettra à disposition les arbitres et les officiels de matchs. Nous avons des partenaires privés qui se sont engagés assez rapidement au niveau international, comme Nike, Deloitte, Sanofi et beaucoup d’autres qui seront au rendez-vous du sport et au rendez-vous de l’inclusion. On bénéficie aussi du soutien de la fondation des Lions clubs qui est un mécène très important pour le mouvement Spécial Olympics.
Bruno Cammalleri : quelles sont vos impressions sur le plan du tirage au sort et des groupes constitués pour la compétition ?
Julien Collette : au-delà des affiches prometteuses en termes de football, ce qui est remarquable c’est que la Chine, l’Inde, l’Egypte, le Brésil, l’Espagne … beaucoup de pays seront présents. Le foot unifié est pratiqué aussi dans des pays qui n’ont pas de traditions footballistiques. Ce sera prometteur car nous verrons de belles affiches de foot avec des pays à forte culture foot et des pays à l’ADN foot moins fort et qui pourtant vont plus que se défendre sur le terrain. L’équipe de France masculine avait remporté la première compétition. Il va falloir qu’ils soient à la hauteur car la concurrence sera rude, notamment vis-à-vis des équipes d’Amérique du sud. En revanche le tournoi féminin sera très ouvert.
TOURNOI MASCULIN :
Groupe A : France, Sénégal, Jamaïque, Brésil.
Groupe B : Espagne, Inde, Libye, Équateur.
Groupe C : Israël, Chine, Émirats arabes unis, Paraguay.
TOURNOI FEMININ :
Groupe A : France, Côte d’Ivoire, Thaïlande, Costa Rica.
Groupe B : Azerbaïdjan, Namibie, États-Unis, Guatemala.
Groupe C : Slovaquie, Égypte, Canada, Hong Kong.
Special Olympics Paris 2026 en bref
Formule du tournoi masculin :
Équipes de 11 joueurs de champ (6 présentant une déficience intellectuelle, 5 sans) et 5 remplaçants (3 + 2).
Rencontres de 1 heure sur terrain classique.
Formule du tournoi féminin :
Équipes de 7 joueuses de champ (4 présentant une déficience intellectuelle, 3 sans) et 4 remplaçantes (2 + 2).
Rencontres de 40 minutes sur demi-terrain.
Les lieux :
Stade Charléty (cérémonies d’ouverture et de clôture, demi-finales et finales). Terrains du campus de la Cité internationale universitaire de Paris (matches de poules).
Les équipes de France seront composées de joueurs et de joueuses présentant une déficience intellectuelle et de joueurs et joueuses issus des centres des formation du Paris FC masculin et féminin. Les Bleus ont été sacrés champions du monde en 2018.
Photo titre : Marvin Ibo Güngör/LOC/Marvin Ibo Güngör

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