Paris, il est 17h50 ce jeudi 10 juillet sur les Grands boulevards. Ambiance canicule et Coupe du monde. En cette soirée de 1/4 de finale de Coupe du monde où la France retrouve le Maroc, l’effervescence commence à monter crescendo dans les rues et sur les terrasses. Les soirs de matchs des Bleus à élimination directe dans un Mondial ne sont pas des soirs comme les autres. C’est à la brasserie Flora (9ème arrondissement) que nous avons rendez-vous pour cet inside dans l’émission « Rothen s’enflamme » spécialement délocalisée depuis le début du tournoi dans ce restaurant du centre de la capitale.
A 18h comme chaque jour du lundi au vendredi sur RMC, Jérôme Rothen, Benoît Boutron et leurs consultants « enflamment » les ondes et le monde du football. En cet avant-match de France-Maroc, deux consultants interviennent dans les débats, Christophe Dugarry et Younes Belhanda. Jérôme Rothen commencent à distribuer ses premières piques ainsi que quelques « passes dé » avec sa « patte gauche », le tout dans une ambiance « vestiaire » comme aime le souligner « JR 25 ». Faut-il craindre l’équipe du Maroc, sont-ils plus forts qu’en 2022, comment les Bleus vont-ils jouer ? L’émission est bien lancée avec tous ses ingrédients qui font son succès sur RMC, à l’image de ses audiences : 670 000 auditeurs, +70 000 auditeurs en un an et 5,3% de PDA, soit +0,2 point sur une vague soit sa 3ème vague consécutive en progression.
A la fin de l’émission, nous avons échangé avec Jérôme Rothen pour revenir sur sa 6ème saison de Rothen s’enflamme avec cette année le back-to-back du PSG, les polémiques à l’OM, la Coupe du monde et l’arrivée de nouveaux consultants dans l’équipe du 18/20 de RMC.

Bruno Cammalleri : comment se déroule la préparation de vos débats ?
Jérôme Rothen : durant la matinée, je me pose et lis les journaux sportifs après avoir vu les événements la veille. Lorsqu’il y a eu un match, on va parler avant tout de ce match ou des matchs qui se sont déroulés. On s’appelle avec Benoît Boutron vers 10h du matin, parfois un peu plus tôt, parfois un peu plus tard. L’équipe a déjà bien désamorcé le travail avec notre producteur, et ils me proposent des thèmes. On en parle et on se met assez vite d’accord.
Ensuite, il y a une stratégie dans ma tête avec des mots-clés et savoir comment je lance les débats. Je ne veux pas faire le débat avant le débat. Sur le moment, le matin, je ne note pas beaucoup d’arguments car si je les développe tout de suite ce sera du réchauffé le soir même. Et surtout, je ne veux pas écouter et savoir ce que les deux autres consultants pensent, c’est hors de question. Il n’y a que dans la rubrique du procès de 18h30 où l’on sait qui va attaquer qui. Là, je sais ce qu’ils en pensent mais sans connaître les arguments à l’avance. Pour l’émission, j’arrive vers 17h et c’est parti pour le passage antenne à 18h. Une vraie machine !
Bruno Cammalleri : une vraie machine après une longue année de football …
Jérôme Rothen : c’est en effet une longue année, mais l’avantage est que nous sommes une équipe très soudée. On est tous très contents de faire l’émission et on se tire vers le haut, que ce soit Benoît Boutron, Nicolas le producteur et Louis Gerbier qui intervient. Je trouve que toutes les personnes qui viennent dans l’émission ont une envie commune qui est d’être au top tous les jours, que ça s’enflamme bien afin que l’émission ne baisse pas de niveau et de rythme. Pour l’instant, vu les chiffres tout au long de l’année c’est une réussite. Il faut que ça dure.
Bruno Cammalleri : qu’est-ce qui fonctionne le mieux vis-à-vis du public en termes de sujets ?
Jérôme Rothen : c’est très clair, le PSG oui, Marseille oui. Parfois il arrive que je dise « tiens ce serait bien qu’on parle d’autres sujets » car j’ai envie de mettre en avant certains clubs, mais la vérité est que le public est très friand, et ça se voit en termes d’audiences. Quand tu parles de Marseille ou de Paris, en effet, il faut qu’il y ait au moins un thème par jour sur l’un des deux clubs voire les deux. C’est comme ça et moi ça fait 6 ans que je fais l’émission. Je commence donc à être habitué.
Le gros avantage de cette saison c’est que même si l’on reste très critique, parce qu’on n’a pas nos langues dans notre poche, on dégage quand même un maximum de positif, même si parfois cela ne se ressent pas. La bonne humeur de l’émission est aussi très importante, de sentir qu’il y a du sourire, que les gens sentent qu’on s’éclate à l’antenne. Même quand tu abordes un sujet en étant négatif, je trouve que cela sert sur ce que les gens ressentent. Je tiens beaucoup à ce ton et cette ambiance vestiaire, c’est essentiel et c’est la base. Je suis le garant de ça, l’émission porte mon nom. Cela peut arriver d’avoir des émissions tendues avec l’un des consultants car on n’est pas forcément d’accord sur tout, mais il faut tout de suite qu’après l’émission ce soit oublié pour repartir de l’avant. Je suis le garant de cette ambiance et je me battrai pour conserver ça. Mais c’est l’état d’esprit de Benoît Boutron et de l’équipe donc ça tombe bien.
Bruno Cammalleri : avec Souleymane Diawara, Younes Belhanda ou Benoît Costil, comment se déroule l’arrivée de nouveaux consultants dans votre équipe ?
Jérôme Rothen : je pense que cela fut l’une des qualités de l’émission, à savoir d’apporter un peu de sang neuf. Il faut ramener de la fraîcheur. Il faut aussi que la nouvelle personne soit bien dans la bande. Quand tu fais une émission depuis six ans, il y a forcément des affinités qui se créent. Ce n’est pas facile de rentrer comme ça dans une équipe. Mais l’ambiance que j’évoquais plus haut sert à ça. Les nouveaux retrouvent une ambiance de vestiaire où l’on parle de notre passion du foot sans filtre. Franchement on a bien visé cette année. Souleymane Diawara a fait d’énormes progrès, il est très content de faire l’émission. On peut le vanner sur ses fiches, mais ça veut dire qu’il bosse et qu’il est très content d’être avec nous. Et ça c’est important…
Bruno Cammalleri : quel est votre regard global sur les consultants foot d’aujourd’hui ?
Jérôme Rothen : j’ai connu des mecs qui ne bossaient pas plus que ça. Ils prenaient le rôle comme certains consultants qui pensent que, parce qu’ils ont été joueurs, ils n’ont pas à bosser et ils vont donner simplement leur avis lorsqu’on leur demande. Mais non, ce n’est pas le même boulot. Là on n’est pas sur un terrain de foot. Il faut de l’analyse, il faut regarder les matchs avec un œil assez critique. Et il y en a trop aujourd’hui dans le paysage qui ont juste la carte de l’ancien joueur, ce qui dure un certain temps, et ensuite ces mecs là sont effacés. Il y a aussi ceux qui veulent rester dans le foot, parce qu’ils ont une idée derrière la tête : soit pour la phase d’après de revenir dans un staff ou pour occuper un rôle dans un club. Pour moi cette stratégie ne donne pas des bons consultants. Il faut être sans filtre, et surtout prendre le moment présent en se disant que c’est un vrai boulot.
Bruno Cammalleri : qu’en sera-t-il de votre équipe de consultants la saison prochaine ?
Jérôme Rothen : Benoît Costil j’en suis très content, Younes Belhanda, Souleymane Diawara aussi. Il y en aura d’autres l’année prochaine. On cherche d’abord à garder ces mecs là qui ont été performants. Pour l’instant ils veulent tous rester, c’est qu’ils se sentent bien. Ensuite, on peut essayer peut-être d’en avoir encore un ou de plus l’année prochaine. On travaille dessus. Je confirme qu’il y en aura, comme tous les ans où on a toujours amené au moins une nouveauté.
Bruno Cammalleri : constatez-vous une guerre des consultants entre les médias ?
Jérôme Rothen : non, moi je veux juste que le consultant prenne son rôle à cœur et qu’il se dise que c’est un vrai boulot. Analyser un match et donner son avis, ce n’est pas « oh tiens aujourd’hui j’ai une émission de radio, je suis bien payé, je fais 2h, on va parler et tu brasses du vent ». Non, je n’ai pas envie de ça. Il faut que le mec devienne un personnage de l’émission, et ce n’est pas facile. En tous cas on est ravis de l’apport des trois nouveaux. Espérons que l’on soit toujours autant judicieux sur nos choix.
Crédit photo titre : Abaca Press

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