Matthieu Motte (Hôtel Barrière Le Royal Deauville) : L’ADN course hippique du groupe Barrière existe depuis sa création

« Je ne connais pas d’équivalent à cette alchimie entre une marque, le sport, le monde équin, le cheval, l’hôtellerie, la ville, la mer et nos restaurants qui vivent au rythme de ces événements ». Barrière, Deauville et les sports hippiques, c’est une fine stratégie, des partenariats et des activations mais surtout un univers commun, une passion, une histoire et un rayonnement international. Samedi 8 août 2026, en plein Meeting de Deauville Barrière et en ce jour de Gala des courses, nous avons rencontré à Deauville Matthieu Motte, directeur de l’Hôtel Barrière Le Royal, l’adresse des joueurs de polo mais aussi des stars d’Hollywood.

Bruno Cammalleri : comment vit votre établissement durant ce mois d’août ?

Matthieu Motte : du 2 au 30 août, nous nous mettons aux couleurs du cheval dans son grand spectre. Le cheval à Deauville c’est tout d’abord le Meeting de Deauville Barrière, un événement qui a un caractère historique. La conclusion de ce Meeting de Deauville Barrière se déroulera le dernier week-end d’août avec une grande journée Barrière et une course pour chaque établissement deauvillais : le Prix de l’Hôtel Barrière Le Royal, le Prix de l’Hôtel Barrière Le Normandy, le Prix Barrière de l’Hôtel du Golf, et le Prix du Casino Barrière Deauville. Ce week-end là se déroulera en présence de nos deux co-présidents Alexandre Barrière et Joy Desseigne-Barrière.

Tout le mois d’août est également rythmé par les ventes de yearlings, avec les grandes ventes aux enchères internationales Arqana qui est d’ailleurs implanté et possède son siège social à Deauville. Il s’agit de l’un des plus gros acteurs de ventes aux enchères de chevaux de courses, principalement des chevaux de galop, même si aujourd’hui ils vont aussi sur le segment du cheval de trot. Ces ventes du mois d’août sont les plus grosses ventes en termes de chiffres d’affaires et de top price. Les yearlings sont des chevaux de moins de deux ans qui n’ont jamais couru, et certains chevaux peuvent dépasser le million d’euros à la vente.

Deauville et les chevaux… des images et moments emblématiques et que l’on peut retrouver dans des films concernant la station normande
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Bruno Cammalleri : quels sont les autres événements de ce mois d’août ?

Matthieu Motte : parallèlement au Meeting de Deauville Barrière, nous avons un tournoi de polo, la Barrière Deauville Polo Cup, du 10 au 30 août au centre des pistes de l’hippodrome. Ce tournoi est rythmé avec trois grandes coupes que sont la Coupe de Bronze, la Coupe d’Argent et la Coupe d’Or. De notre côté, nous avons un attachement particulier à la Coupe d’Argent étant donné qu’il s’agit du Trophée Diane Barrière, en hommage à la maman de Joy et Alexandre. La Coupe d’Or est quant à elle une Coupe historique dont le nom officiel est la Coupe d’Or Martha et Lucien Barrière. Cette Coupe d’Or, qui est l’un des tournois majeurs de polo en France, a été créée par François André, fondateur du groupe Barrière. Il y a trois terrains au milieu du champ de courses. Tous les plus grands joueurs de polo sont passés par Deauville, ils viennent concourir sur la Coupe d’Or et ils ont l’habitude de séjourner au Royal. Ce qui est génial à Deauville et unique dans le monde, c’est d’avoir en même temps un match de polo et une course autour. Cela existe nulle part ailleurs. Lorsqu’on dit que le monde du cheval se donne rendez-vous à Deauville, cela prend tout son sens.

A tout cela vient s’ajouter le jumping avec le Longines Deauville Classic qui fête sa dixième édition du 13 au 16 août 2026, au Pôle International du Cheval Longines – Deauville, à quelques minutes de la plage et du centre-ville. Nous avons quasiment tout ce que l’on peut faire en matière de cheval qui se trouve réuni sur ces quatre semaines hyper intensives et hyper importantes pour toute l’économie et l’attractivité du cheval. C’est assez impressionnant.

Bruno Cammalleri : pouvez-vous revenir sur le naming du Meeting de Deauville ?

Matthieu Motte : Barrière est partenaire titre du meeting de Deauville depuis 2008. C’est depuis cette année-là qu’un gros partenariat a été mis en place avec France Galop. Tous les ans, nous avons ces seize journées de courses qui se déroulent sur la période du mois d’août. Le Grand Prix de Deauville se court en point d’orgue de ce mois d’août sur une distance de 2500 mètres réservé aux pur-sang anglais de trois ans et plus. Le Lucien Barrière Grand Prix de Deauville est considéré comme un test pour le Prix de l’Arc de Triomphe, à l’image du cheval « Ace Impact » en 2023 qui avait remporté les deux courses. Ces quatre semaines de courses sont aussi rythmées par le Prix Rothschild, le Prix Maurice de Gheest, le Prix de l’Aga Khan Studs, ou encore le Prix Jacques Le Marois qui attire énormément de parieurs et de personnes en quête de découverte des courses.

Certes 2008 est une date importante, mais le fondateur du groupe Barrière a participé à la construction des tribunes de l’hippodrome de Deauville. Le Grand Prix Lucien Barrière, qui se court le 30 août, porte le nom de Lucien Barrière depuis la fin des années 1980, bien avant le partenariat titre qui date de 2008. L’ADN course hippique du groupe Barrière existe depuis sa création.

Bruno Cammalleri : dans ce programme très dense d’août, pourquoi ce samedi 8 août est-il une journée particulière ?

Matthieu Motte : le groupe Barrière accueille effectivement aujourd’hui le Gala des Courses et la Cérémonie des Cravaches d’Or. C’est le cas depuis sa création. L’événement se déroule dans la salle des Ambassadeurs du Casino de Deauville.

Bruno Cammalleri : y a-t-il une particularité ou nouveauté pour cette édition 2026 du Meeting de Deauville ?

Matthieu Motte : cette année, France Galop s’est associé avec le World Pool by PMU : les parieurs hongkongais via le Hong Kong Jockey Club peuvent jouer sur les courses qui se déroulent à Deauville. Ce n’est pas une première, mais il s’agit cette année d’un vrai partenariat. Nous accueillons actuellement dans nos hôtels les représentants du Hong Kong Jockey Club qui sont présents pour découvrir la station et les hippodromes. De ce fait, les courses sont suivies au-delà de nos frontières. Il y a 200 millions d’euros de paris hippiques misés durant le meeting, et l’édition 2025 avait généré autour de 195 millions d’euros dont quasiment 1/4 à l’international. Il y a une vraie ambition de faire rayonner les courses à l’étranger, à travers le pari et les joueurs mais pas seulement. Dans le monde hippique, toute l’Asie Pacifique est une région très importante. Je peux citer des chevaux qui vont courir (aujourd’hui samedi 8 août) pouvant se qualifier pour une course à Melbourne où la dotation est de quasiment 10 millions de dollars australiens. Au Japon aussi il y a de telles courses, avec des chevaux qui sont pré-sélectionnés pour avoir gagné une course en Europe et qui sont invités à participer à des courses assez impressionnantes. Entre Hong-Kong, le Japon ou l’Australie, voilà un axe régional très important en matière de courses hippiques.

Bruno Cammalleri : comment peut-on caractériser le partenariat entre le groupe Barrière et France Galop ?

Matthieu Motte : le partenariat entre Barrière et France Galop est quasiment un partenariat historique. Nous avons des relations très fortes, fluides et naturelles avec France Galop. Il s’agit d’un partenariat qui nous tient particulièrement à cœur, surtout à Deauville, là où le groupe Barrière est né, ce qui nous ramène à cet ADN cheval et courses hippiques. Lors des courses de clôture du Meeting le 30 août, nous invitons nos meilleurs clients dans des formats privilégiés. Nous aurons la chance d’occuper le salon des entraîneurs toute la journée. En parallèle, pour nos clients qui découvrent les courses nous allons prévoir plusieurs activités comme faire rencontrer un jockey, une visite des écuries, les faire entrer au niveau du rond de présentation ou les emmener sur la grille de départ des chevaux afin qu’ils puissent vivre un départ aux stalles. C’est aussi l’intérêt du partenariat avec France Galop de pouvoir proposer des expériences money can’t buy à nos clients résidents à qui nous offrons un souvenir original et privilégié. Pour France Galop, c’est la possibilité de faire venir un nouveau public. Nous mettons en place ce type d’activations aussi bien sur les courses, sur le jumping et sur le polo. Nous partageons ainsi notre passion pour l’hippisme avec nos clients.

Bruno Cammalleri : quels sont les clins d’œil au monde hippique que l’on peut retrouver au sein de l’Hôtel Royal de Deauville ?

Matthieu Motte : tout d’abord, il faut savoir que le bar de l’Hôtel Royal s’appelle le bar de l’Etrier, et ce n’est bien sur pas anodin. Dans ce bar, vous allez retrouver quelques éléments qui rappellent tout de suite le cheval à l’image des maillets de polo fixés au-dessus du bar. Dans le lobby de l’hôtel nous avons une décoration de Jacques Garcia, refaite au tout début des années 2000. Je peux également citer quelques beaux tableaux au sein du mur fond or du bar qui représentent des scènes de jeu au polo.

Bruno Cammalleri : vous évoquez le polo, en quoi est-ce une discipline importante pour Barrière ?

Matthieu Motte : Barrière est tellement impliqué dans le polo qu’une équipe porte nos couleurs : il s’agit de l’équipe Barrière avec notre capitaine Isabelle Larenaudie. Le polo est un sport mixte et c’est la seule équipe menée par une femme. Dans la Barrière Deauville Polo Cup, une seule femme joue et c’est la capitaine de notre équipe depuis désormais quatre années. Nous avons remporté il y a deux ans la Coupe d’Argent, puis la Coupe d’Or quelques jours après, soit une performance assez rare dans un même tournoi de polo. C’est l’Hôtel Le Royal qui héberge cette équipe et c’est Le Royal qui a cette fameuse galerie des gagnants de la Coupe d’Or depuis les années 1950, de même que le tableau des gagnants de la Coupe d’Argent. C’est également Le Royal qui garde la Coupe, aussi bien la Coupe d’Or que la Coupe d’Argent. Le Royal est le rendez-vous des joueurs de polo.

Bruno Cammalleri : comment pourriez-vous résumer la place de Barrière dans cet écosystème des sports hippiques ?

Matthieu Motte : je ne connais pas d’équivalent à cette alchimie entre une marque, le sport, le monde équin, le cheval, l’hôtellerie, la ville, la mer et nos restaurants qui vivent au rythme de ces événements. Si nous évoquions le Gala des Courses, il y a aussi un autre gala organisé un peu plus tard sur le thème du cheval. Une grosse partie de notre clientèle vont également déjeuner ou dîner dans nos restaurants. L’hippodrome de Deauville accueille des restaurants Barrière, en particulier le restaurant panoramique.

On parle ainsi de restaurants éphémères car ils sont ouverts pendant les courses. Si l’on parle du Meeting Barrière du mois d’août, Deauville accueille des courses de chevaux tout au long de l’année. France Galop a entrepris il y a quelques années des travaux d’envergure sur l’hippodrome de La Touques pour mettre en place une piste fibrée afin de pouvoir faire courir les chevaux y compris en hiver. L’activité hippique du mois d’août à Deauville a clairement un impact sur la fréquentation de la destination. Cela fait partie de la forte attractivité de la destination puisque le monde hippique se donne rendez-vous à Deauville. Et en plus, nous sommes liés à tous ces événements.

Bruno Cammalleri : la saison ne s’arrête pas le 30 août pour vous …

Matthieu Motte : trois jours après tout ces événements, nous passons en mode cinéma et une autre clientèle arrivera pour le Festival du cinéma américain de Deauville. Nous aurons un court break de cinq jours entre les deux. Le Groupe Barrière est le partenaire fondateur historique du Festival du Cinéma Américain de Deauville avec le maire de Deauville de l’époque Michel d’Ornano. La date historiquement choisie est celle du premier week-end de septembre, afin de prolonger la saison estivale et faire rayonner Deauville et les établissements Barrière jusqu’à Hollywood. Telle était la volonté des fondateurs du festival. Nous avons trois hôtels à Deauville, Royal, Normandy et Golf, et il y a une tradition qui fait que les Français sont plutôt au Normandy, et les américains au Royal. Nous avons eu par exemple l’an passé Michael Douglas ou encore Ana de Armas. Les grands du cinéma américain viennent au festival et nous pouvons citer Ethan Hawke qui sera présent cette année. Le groupe Barrière est aussi impliqué dans le Festival de Cannes, dans les Césars que nous recevons au Fouquet’s Paris, dans le Dinard Festival du film britannique ou encore dans le Festival du cinéma de Biarritz que nous soutenons, et via notre Fondation Barrière qui soutient le cinéma français.

Bruno Cammalleri : pouvez-vous nous parler de vos autres partenariats dans le sport ?

Matthieu Motte : Barrière est également partenaire du Deauville Sport Images Festival. En général, nous sommes partenaires de tout ce qui se passe à Deauville et de tout de ce qui participe à l’attractivité de notre destination et donc de nos établissements. On a de la chance d’avoir à Deauville un programme d’événements très riche tout au long de l’année.

Nous sommes aussi partenaires du triathlon de Deauville, de même que le marathon. Nous avons beaucoup de nos collaborateurs qui y participent. Ce n’est pas forcément un partenariat d’image, mais plutôt pour faire participer nos collaborateurs et créer des moments de cohésion. Quant au triathlon de Deauville, il est fait désormais parti du top 3 des triathlons en France avec 14 000 personnes sur trois jours. Barrière est donc une marque sportive et culturelle. Nous avons les deux axes principaux de nos partenariats qui sont les sports hippiques et le cinéma. Dans le dernier hôtel que nous venons d’ouvrir, à Mykonos en juin 2026, il y a un vrai terrain de basket NBA, dans la roche. Nous avons des terrains de tennis, de padel, de golf, des spas, et nous avons même un terrain de pickleball en plein Paris dans la cour intérieur du Fouquet’s, nous y organisons même des projections de cinéma !

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