Formula E et créateurs de contenu : avec ses EVO Sessions, le championnat électrique change de dimension. Le principe est simple à comprendre : inviter des créateurs à piloter de vraies monoplaces et transformer cette expérience en contenu spectaculaire diffusé en ligne.
Résultat, selon les données communiquées par la discipline : 5,8 millions de vues sur YouTube pour cette première activation. Une performance qui confirme une évolution majeure du marketing sportif.
Les EVO Sessions, un format pensé pour rendre le sport plus accessible
Les Formula E EVO Sessions reposent sur une idée forte : faire vivre le sport de l’intérieur à des personnalités connues du grand public.
Concrètement, la Formula E a sélectionné une dizaine de créateurs, les a formés au pilotage, puis les a fait participer à une course au format éliminatoire, diffusée en direct sur YouTube.
Pour un public non initié, l’intérêt est immédiat. Là où une course classique peut sembler technique ou difficile à suivre, cette approche permet de découvrir la discipline à travers le regard de profils auxquels on s’identifie plus facilement.
Les réactions des créateurs après leur passage en voiture illustrent parfaitement cet effet. Entre fascination et respect pour les pilotes professionnels, ils deviennent des passeurs d’émotion et de compréhension.
Des créateurs choisis pour leur capacité à raconter, pas à piloter
La Formula E ne cherche pas à former des pilotes. Elle cherche à créer du contenu.
Même si la liste complète des participants n’est pas détaillée publiquement, la collaboration avec le collectif YouTube The Sidemen et leur agence Arcade donne une indication claire sur le casting. Les profils retenus viennent avant tout du divertissement et des réseaux sociaux, avec une forte capacité à capter l’attention.
C’est un point clé pour comprendre le dispositif. Le sport n’est plus seulement une performance à regarder. Il devient une expérience à vivre et à raconter.
Ce choix rapproche directement les EVO Sessions du GP Explorer imaginé par Squeezie. Dans les deux cas, l’intérêt ne repose pas uniquement sur la compétition, mais sur les personnalités en piste et les histoires qu’elles génèrent.
Un storytelling laissé aux créateurs pour plus d’authenticité
L’un des aspects les plus intéressants de l’opération tient dans la liberté laissée aux créateurs.
Comme l’explique Ellie Norman, Directrice Marketing de la Formula E, la Formula E a volontairement choisi de fournir le cadre — les voitures, la sécurité, l’organisation — tout en laissant les créateurs produire leurs propres contenus.
Ce choix peut sembler risqué, mais il est stratégique. Les audiences font davantage confiance à des créateurs qu’à des discours institutionnels. En leur laissant le contrôle du récit, la Formula E s’assure un contenu plus naturel, plus spontané et donc plus engageant.
Pour un non-initié, cela change tout. Le sport devient plus compréhensible, plus humain et plus divertissant.
Des marques discrètes, au service de l’expérience
Les EVO Sessions ne mettent pas directement en avant des sponsors spécifiques. Je ne peux pas confirmer de marques activées de manière visible dans ce format.
En revanche, les partenaires de la Formula E jouent un rôle essentiel en coulisses. Ils contribuent à rendre possible l’expérience, notamment à travers les technologies, les véhicules et l’infrastructure.
Cette approche tranche avec celle du GP Explorer, où les marques sont intégrées au cœur du spectacle. Ici, elles restent en arrière-plan, dans une logique plus institutionnelle que narrative.
5,8 millions de vues : pourquoi ce chiffre est important
Le chiffre de 5,9 millions de vues constitue le principal indicateur de performance communiqué par la Formula E.
Pour bien le comprendre, il faut rappeler que ce contenu est diffusé sur YouTube, en dehors des circuits traditionnels de diffusion sportive. L’audience est donc construite grâce aux communautés des créateurs et à la viralité du format.
Ce résultat montre que la Formula E parvient à toucher un public plus large que celui des fans habituels de sport automobile. C’est précisément l’objectif de ce type d’activation.
EVO Sessions vs GP Explorer : même logique, approche différente
La comparaison avec le GP Explorer permet de mieux situer les EVO Sessions.
Dans les deux cas, le sport devient un terrain d’expression pour les créateurs. L’objectif est de produire du contenu qui dépasse le cadre de la compétition pure.
La différence tient dans le point de départ. Le GP Explorer est un événement imaginé par un créateur, avec une logique centrée sur le divertissement. Les EVO Sessions sont, elles, une initiative d’une ligue sportive qui cherche à moderniser son image et à élargir son audience.
Autrement dit, le GP Explorer part de la culture internet pour aller vers le sport. La Formula E part du sport pour aller vers la culture internet.
Une stratégie assumée : aller chercher les audiences là où elles sont
Avec les EVO Sessions, la Formula E assume un positionnement clair. La discipline se définit comme une marque “social et digital-first”, capable d’expérimenter rapidement de nouveaux formats.
Cette agilité est un avantage. Là où d’autres sports sont contraints par des modèles historiques, la Formula E peut tester, apprendre et s’adapter plus vite.
Les créateurs deviennent alors un levier central pour toucher de nouvelles audiences et rendre le sport plus accessible.
Ce que les marques peuvent retenir
Les EVO Sessions illustrent une évolution profonde du marketing sportif. Le rôle des créateurs ne se limite plus à relayer un message. Ils deviennent des acteurs à part entière de l’expérience.
Le GP Explorer a montré la puissance d’un format entièrement porté par les créateurs. La Formula E démontre qu’un ayant droit peut s’approprier cette logique et l’intégrer à sa stratégie.
La clé réside dans l’équilibre. Il faut réussir à conserver l’authenticité du sport tout en laissant suffisamment de liberté aux créateurs pour qu’ils puissent s’exprimer.
Et c’est précisément sur ce terrain que se joue aujourd’hui la bataille de l’attention.

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