Alten annonce un partenariat avec Alpine Endurance Team autour de l’innovation

Alten, spécialiste mondial dans l’ingénierie et les IT services, et Alpine Endurance Team, viennent d’annoncer leur partenariat pour la saison 2026. Dans ce cadre, Alten devient « Official Engineering Partner » d’Alpine Endurance Team.

Pour cette saison 2026, Alten et Alpine Endurance Team unissent leurs forces autour d’un objectif commun : maximiser la performance sur chaque course, en mettant l’expertise technique et l’engagement humain au cœur de leur collaboration. Cette année sera l’occasion de démontrer comment la rigueur, la précision et la passion peuvent faire la différence dans un environnement aussi exigeant que le WEC.

Alten mettra à disposition d’Alpine Endurance Team des équipes d’ingénieurs expérimentés, engagés au cœur de la performance, sur piste et à l’usine, aux côtés des équipes techniques et des pilotes. La finalité : renforcer la fiabilité et la compétitivité de l’Alpine A424, notamment lors des épreuves clés comme les 24 Heures du Mans.

Sportsmarketing a rencontré Stéphane Ougier, Directeur exécutif du Groupe Alten.

Bruno Cammalleri : Quelle est la genèse du partenariat entre Alpine Endurance Team et Alten ?

Stéphane Ougier : Ce partenariat est né d’une convergence naturelle. Alten s’engage depuis plusieurs années dans le sport de haut niveau — pas comme simple sponsor, mais comme partenaire technique. Nous avons une conviction forte : le sport est un terrain d’excellence où nos ingénieurs peuvent démontrer leur savoir-faire dans des conditions extrêmes. L’endurance automobile, et le WEC en particulier, incarne exactement cette philosophie : performance, fiabilité, précision, sur des durées qui ne laissent aucune place à l’approximation. Alpine Endurance Team partage ces exigences. Quand les deux parties se sont retrouvées autour de cette vision commune, le partenariat s’est construit assez naturellement.

Bruno Cammalleri : Quelle sera la durée du partenariat et pour quels montants ?

Stéphane Ougier :  Nous ne communiquons pas sur les montants financiers du partenariat. Ce que je peux dire, c’est qu’il a été négocié sur une période de trois ans et que notre engagement pour la saison 2026 est total. Nous souhaitons construire cette relation dans une logique de durée, avec une partie de l’accompagnement sur des projets d’ingénierie et d’innovation. Un partenariat de cette nature prend du sens sur le temps long — le temps de faire travailler vraiment les équipes ensemble, de produire des résultats, et d’en tirer des enseignements utiles.

Bruno Cammalleri : Quels sont les objectifs pour Alten pour cette saison et à plus long terme dans ce partenariat ?

Stéphane Ougier : Pour 2026, notre priorité est opérationnelle : contribuer concrètement à la performance de l’Alpine A424 tout au long de la saison. Nos ingénieurs seront aux côtés des équipes techniques d’Alpine pour l’analyse des données de course, l’optimisation des systèmes, et le soutien logistique — notamment lors des 24 Heures du Mans, qui reste l’épreuve de référence.

À plus long terme, nous avons commencé à travailler avec Alpine Tech, le centre d’excellence de Viry-Châtillon. C’est une structure remarquable — 45 ans d’expertise en compétition automobile, des infrastructures de pointe pour les systèmes hybrides, thermiques, électriques. Ensemble, nous allons identifier des axes de co-développement dont les applications pourront bénéficier à nos clients industriels. Ces projets se préciseront au fil de la saison, et c’est volontaire : nous préférons construire sur la réalité des défis rencontrés plutôt que d’annoncer des intentions.

En termes d’image, ce partenariat sert aussi notre attractivité employeur. Nous recrutons plusieurs milliers d’ingénieurs par an. Être présents aux côtés d’Alpine dans le WEC, c’est un signal fort pour les profils que nous cherchons : ceux qui veulent travailler sur des projets à la hauteur de leurs ambitions.

Bruno Cammalleri : Pourquoi investir le terrain du sport et plus spécifiquement le sport automobile et l’Endurance ? Pourquoi le choix de l’écurie Alpine ?

Stéphane Ougier : Le sport n’est pas un choix récent pour Alten. C’est une conviction ancrée dans notre culture. Nous avons une longue expérience dans l’accompagnement des acteurs du sport comme terrain d’application pour nos ingénieurs : les environnements compétitifs sont des accélérateurs d’innovation et de performance.

Le sport automobile, et l’endurance en particulier, présente une caractéristique unique : la contrainte est totale. Fiabilité sur 24 heures, gestion thermique en conditions extrêmes, analyse de données en temps réel, stratégie dans l’incertitude, … ce sont exactement les enjeux que nos clients industriels rencontrent dans leurs secteurs. L’aéronautique, l’automobile, l’énergie : les parallèles sont nombreux et concrets.

Le choix d’Alpine s’est imposé pour plusieurs raisons. C’est une équipe française, dont le centre technique est basé à Viry-Châtillon — une proximité qui facilite les échanges réels entre ingénieurs. C’est aussi une marque qui incarne une certaine idée de la performance : accessible, ambitieuse, ancrée dans l’excellence technique. Et Alpine Tech représente un partenaire industriel sérieux, avec lequel nous pouvons construire quelque chose qui dépasse le seul cadre du sport.

Bruno Cammalleri : Quelles sont les passerelles concrètes entre le sport automobile et l’industrie ? Avez-vous des exemples à nous donner ?

Stéphane Ougier : Ce que nous faisons ailleurs peut donner une idée de notre approche. Avec la Fédération Française de Cyclisme et le CNRS, nous avons développé un jumeau numérique des cyclistes — modélisation 3D, simulation des performances, optimisation aérodynamique. Des techniques directement issues de nos pratiques dans l’ingénierie industrielle, appliquées à l’athlète. Avec le Zephir Project, nous travaillons sur les limites de la glisse extrême en associant performance et éco-conception — des enjeux qui parlent directement à la mobilité durable.

Dans le cas d’Alpine, les passerelles que nous envisageons touchent à la gestion des données complexes, à l’optimisation des systèmes sous contrainte, et à la simulation. Ce sont des compétences que nos clients dans l’aéronautique, l’automobile ou l’énergie valorisent directement. Mais je préfère être honnête : les projets précis avec Alpine Tech sont en cours de définition. Nous annoncerons des réalisations concrètes quand elles existeront, pas avant.

Bruno Cammalleri : Des opérations et événements sont-ils prévus pour activer ce partenariat ? Si oui, lesquels et quand ?

Stéphane Ougier : Oui, plusieurs choses sont en cours de préparation — nous sommes encore en train de finaliser le calendrier et les formats avec Alpine, donc je ne vais pas annoncer des dates que je ne maîtrise pas encore complètement.

Ce que je peux dire, c’est que l’esprit de ces activations est clair : faire bénéficier du partenariat à nos ingénieurs et, au-delà, aux étudiants en ingénierie. Un partenariat comme celui-là n’a de sens que s’il crée des expériences concrètes — accéder aux coulisses d’une équipe de compétition, rencontrer des ingénieurs Alpine, toucher de près ce que représente l’excellence technique dans cet environnement.

Sur ce dernier point, nous allons prochainement annoncer un challenge destiné aux étudiants ingénieurs, co-construit avec Alpine. C’est un projet qui nous tient vraiment à cœur — parce qu’il s’inscrit directement dans notre mission d’attractivité auprès des talents de demain, et parce qu’il donne à des étudiants un accès à un terrain d’exception.

Les 24 Heures du Mans en juin seront évidemment un moment fort de la saison — un rendez-vous autour duquel nous allons construire des expériences pour nos équipes et nos partenaires. Mais les détails viendront en temps voulu.

Bruno Cammalleri : Et vous, à titre personnel, suivez-vous régulièrement le sport automobile ? Avez-vous un sport que vous aimez pratiquer ?

Stéphane Ougier : Ma culture sportive, c’est le rugby avant tout. J’ai joué au Stade Toulousain, j’ai eu la chance de porter le maillot bleu. Ce que j’ai vécu dans ce sport m’a durablement marqué — l’exigence collective, la préparation, le fait que la performance ne s’improvise pas. Ce sont des réflexes que je retrouve dans mon travail au quotidien.

Ce qui me connecte au sport automobile, c’est aussi mon parcours avant Alten. Avant d’être dirigeant, j’ai fait une thèse en physique à Toulouse. Et l’endurance, vue de ce prisme-là, c’est un problème d’ingénierie fascinant : tenir des systèmes complexes pendant 24 heures, gérer la thermique, analyser des données en temps réel, prendre des décisions dans l’incertitude. C’est un environnement qui me parle naturellement.

Il y a d’ailleurs une chose que le rugby et l’endurance ont en commun : ce qui fait la différence, c’est rarement l’éclat du moment. C’est la solidité de ce qu’on a construit avant — la préparation, la fiabilité, la capacité à tenir quand ça dure. C’est exactement ce qu’on cherche à apporter avec nos ingénieurs aux côtés d’Alpine.

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