Avec les 1 000 packs Smashy, la FFVolley prépare l’après-JO du volley

Des écoliers jouent au volley de part et d'autre d'un filet dans une cour d'école, lors d'une séance Smashy

Deux ans après le second titre olympique des Bleus, la Fédération Française de Volley (FFVolley) envoie un pack de matériel dans 1 000 écoles. L’opération prolonge Smashy, son programme d’initiation en école élémentaire. Or les chiffres publiés par la fédération racontent plus qu’une distribution de ballons. Ils montrent comment elle tente de convertir une médaille en licenciés, et avec quel argent.

Smashy, un programme de 25 ans qui change d’échelle

Smashy existe depuis plus de 25 ans. Le principe reste simple. Un club s’associe à une école élémentaire, puis y anime un cycle d’au moins six séances pendant l’année scolaire. Une convention encadre l’accord. Le programme peut aussi s’installer dans un centre de loisirs ou sur les temps périscolaires.

La fédération fournit ensuite les outils. Elle met ainsi en ligne un dossier administratif et un manuel pédagogique destiné aux enseignants. À la fin du cycle, chaque enfant repart avec un diplôme et un poster des équipes de France.

La nouveauté de la rentrée 2026 tient en un chiffre : 1 000 packs. Jusqu’ici, la fédération équipait seulement les clubs. Désormais, elle dote aussi les écoles. Les 830 établissements de la saison 2025-2026 reçoivent donc leur pack des mains de leur club partenaire. Ensuite, chaque école qui accueille un premier cycle en 2026-2027 sera servie à son tour.

Le contenu vise l’autonomie de l’enseignant. Il réunit en effet un ballon adapté aux enfants, un ballon gonflable, un filet et le manuel. S’y ajoutent des fiches illustrées par deux personnages, Hugo et Lily, un livre jeunesse et des posters des Bleus. Autrement dit, le matériel reste dans l’école une fois le club reparti.

Contenu du pack Smashy de la Fédération Française de Volley : ballons, filet, manuel pédagogique, fiches, livre et posters
Ballons, filet, manuel et fiches : le pack reste dans l’école une fois le cycle terminé. Visuel : FFVolley

Un entonnoir que peu de fédérations acceptent de chiffrer

Le programme a doublé de taille en sept ans. En 2018-2019, il touchait 31 000 jeunes. Sept ans plus tard, en 2025-2026, 234 clubs sont intervenus auprès de 64 200 enfants. La plus forte hausse date pourtant de 2021-2022, la saison qui suit le premier titre olympique, à Tokyo. Le programme passe alors de 35 400 à 57 400 jeunes.

L’effet médaille se lit donc dans la courbe. Mais initier un enfant ne suffit pas : encore faut-il le retrouver dans un club. Pour cela, la fédération a créé une passerelle. Chaque enfant peut recevoir une licence événementielle gratuite. S’il prend ensuite une licence compétition, il ne paie pas la part fédérale. La cotisation du club reste en revanche à sa charge.

Le résultat est public, ce qui est rare. En 2024-2025, la fédération a enregistré plus de 30 000 licences événementielles. La saison suivante, plus de 500 de ces jeunes ont pris une licence compétition. Cela représente donc moins de deux enfants sur cent.

Il faut toutefois lire ce ratio avec prudence. D’abord, la fédération ne suit pas les enfants au-delà d’un an. Elle estime ainsi que l’impact réel est plus élevé. Ensuite, un programme scolaire ne produit pas que des licenciés. Il installe aussi le volley dans les habitudes des enseignants, donc dans celles des classes suivantes. Smashy sert donc moins à recruter vite qu’à entretenir un vivier.

Qui finance Smashy : surtout de l’argent public

Reste la question du financement. Interrogée par Sportsmarketing.fr, la fédération détaille trois sources.

D’abord, l’Agence nationale du Sport, l’opérateur public qui finance les fédérations, soutient l’axe scolaire « sur cette olympiade ». Ensuite, le ministère de l’Éducation nationale et les fédérations du sport scolaire facilitent l’accès aux classes. Enfin, côté privé, les dotations viennent « principalement » de Mikasa. Le fabricant japonais de ballons accompagne la fédération depuis plus de vingt ans.

Pour le reste du matériel, la fédération achète auprès de ses fournisseurs habituels. C’est par exemple le cas du filet, acheté chez Decathlon, qui n’est pas partenaire du programme. Le livre relève, lui, d’une collaboration éditoriale avec le Petit Futé.

Ce montage est donc avant tout public. Or la formule « sur cette olympiade » a un sens précis : le soutien est borné dans le temps. Une olympiade dure quatre ans, et rien ne garantit la suivante.

C’est pourquoi la fédération ouvre la porte. Elle se dit ainsi « pleinement ouverte à de nouvelles collaborations, dès lors qu’elles sont cohérentes avec l’esprit du programme ».

Des clubs transformés en relais sur les réseaux sociaux

L’opération comporte aussi un volet communication. La fédération encourage en effet les clubs à photographier la remise des packs. Ils publient ensuite sur Facebook et Instagram en identifiant son compte, entre le 14 septembre et le 16 octobre.

Puis vient un formulaire, à remplir avant le 31 octobre. Les clubs qui s’y plient voient leur publication relayée par la fédération. Ils reçoivent aussi un bon d’achat. Surtout, ce formulaire conditionne l’envoi des futurs packs.

Le mécanisme mérite l’attention. La fédération obtient ainsi des centaines de contenus locaux, sans budget de production. Elle récupère aussi une preuve de terrain, école par école. Or cette preuve est exactement ce qu’un partenaire demande avant de s’engager. La mesure reste d’ailleurs le point faible du secteur comme on en parlait dans notre article détaillé sur l’efficacité du sponsoring sportif.

Une place à prendre pour un partenaire privé

Pour une marque, Smashy offre des actifs concrets : 830 écoles, 234 clubs, 14 ligues régionales et 69 départements. Le programme touche aussi les familles, pas seulement les enfants. Les Hauts-de-France arrivent en tête, avec 131 écoles, dont 111 dans le seul département du Nord.

Mais l’école n’est pas un terrain publicitaire comme un autre. La présence des marques y est strictement encadrée. Un partenaire devra donc financer plutôt que s’afficher : du matériel, la formation des éducateurs ou le suivi des enfants au-delà d’un an. C’est d’ailleurs la donnée qui manque aujourd’hui à la fédération.

Le volley français a déjà montré qu’il savait inventer ce type de contrat. Ainsi, MAIF verse à la fédération un bonus lié à ses résultats écologiques. Un partenaire de Smashy pourrait suivre la même logique, avec des objectifs de pratique plutôt que de visibilité.

Le pack Smashy n’est donc pas qu’un carton de ballons. C’est aussi une offre en construction. La fédération dispose désormais d’une olympiade pour lui trouver un financeur de plus.

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