Pourquoi Betclic diffuse lui-même les championnats de volley qu’il sponsorise

Réception d'une joueuse du RC Cannes en Saforelle VOLSTAR, devant un panneau lumineux Betclic

Betclic a renouvelé le 30 septembre son partenariat avec la Ligue Nationale de Volley (LNV). L’opérateur de paris sportifs ne donne pourtant son nom à aucun championnat de volley. En revanche, il diffuse l’intégralité de leurs matchs dans son application. Ce choix dit beaucoup de ce qu’un opérateur de paris achète vraiment dans un sport en développement.

Un partenaire majeur qui a choisi de ne pas être namer

Partenaire de la LNV depuis 2023, Betclic prolonge son engagement à l’ouverture de la saison 2026-2027. Le groupe accompagne aussi la Fédération française de volley depuis la même année. Il couvre donc les deux étages du volley français : les équipes nationales et les clubs professionnels.

Pourtant, son nom n’apparaît sur aucun championnat. Au sein de la plateforme de marque VOLSTAR, les deux premières divisions portent le nom de leurs namers : l’Alterna VOLSTAR et le Saforelle VOLSTAR. Le troisième championnat, la VOLSTAR Masculine 2, n’a pas de namer. Nous avions d’ailleurs détaillé ce que ce naming verrouille pour Alterna énergie.

Lors du Média Day du 29 septembre, le président de la ligue, Jean Azéma, nous a décrit la place de l’opérateur : « Betclic est un partenaire majeur, mais ce n’est pas un namer. La marque intervient plutôt dans les salles […]. Pour eux, ce sont plutôt les namers qui doivent être en avant. »

Or ce choix n’a rien d’une habitude maison. En basket, Betclic donne son nom à la première division depuis 2021. La Betclic ÉLITE a même été prolongée jusqu’en 2029. Dans le volley, le groupe fait donc l’inverse. Autrement dit, le refus du naming traduit un arbitrage propre à ce sport.

L’application Betclic devient une chaîne du volley français

D’après nos informations, Betclic diffuse l’intégralité des matchs des trois championnats VOLSTAR sur son application. Ce streaming fonctionne de façon indépendante des diffuseurs existants. Il ne remplace pas leurs dispositifs et ne dépend pas de leur programmation.

Le paysage de diffusion du volley reste en effet partagé. Ainsi, beIN SPORTS s’est engagé sur plusieurs saisons pour l’Alterna VOLSTAR. Sport en France diffuse le championnat féminin, avec un accord renouvelé chaque année. Enfin, la ligue conserve sa propre plateforme, LNV TV.

Betclic ajoute donc un point d’accès supplémentaire, qu’il met en avant auprès de ses 5,5 millions de joueurs. C’est là que se situe le vrai levier du partenariat. Le spectateur et le parieur se retrouvent au même endroit, dans la même application. Autrement dit, Betclic ne paie pas pour qu’on voie son nom à côté du match. Il paie pour que le match se regarde chez lui.

Cette logique croise d’ailleurs un chantier de la ligue. Jean Azéma veut développer une télévision en streaming qui lui appartienne, pour être prêt le jour où les chaînes linéaires préféreront le football. Reste à savoir comment LNV TV et la diffusion intégrale chez un partenaire cohabiteront dans la durée.

Attaque d'un joueur du Tours Volley-Ball au filet, devant les panneaux lumineux Betclic
Betclic s’affiche en bord de terrain, mais diffuse aussi l’intégralité des matchs dans son application. Photo : Betclic

Ce que pèse le volley chez Betclic

Les chiffres expliquent cet arbitrage. Plus de 15 % des clients de Betclic en France parient sur le volley. La discipline se classe ainsi au huitième rang des sports les plus pariés sur l’application.

Le volley se prête aussi bien au pari. En effet, les compétitions couvrent presque toute l’année, les points défilent et les retournements sont fréquents. Ces caractéristiques collent au pari en direct, que Betclic propose sur le volley comme sur ses autres sports.

Il faut toutefois nuancer le rôle de la ligue française. Selon nos informations, la LNV représente 22 % des paris sur les championnats européens de volley. Elle concentre donc un peu plus d’un pari sur cinq. L’essentiel de l’activité se joue ailleurs, sur les grands championnats étrangers et les compétitions internationales.

La LNV n’est donc pas le moteur de ces 15 %. Elle en est plutôt la vitrine locale, qui donne au parieur français des équipes et des joueurs qu’il connaît. Le partenariat sert ainsi l’offre volley de Betclic dans son ensemble, bien au-delà des seuls championnats français.

Ce que la Ligue Nationale de Volley y gagne

Côté ayant droit, le contexte rend ce partenaire précieux. Le dernier rapport financier de la LNV fait apparaître une hausse de 30 % des recettes spectateurs sur les trois divisions en 2024-2025. En Alterna VOLSTAR, les recettes de matchs progressent même de 50 %.

Le modèle reste pourtant en construction. En effet, le budget moyen des clubs demeure stable, et les subventions pèsent encore 48 % de leurs produits. Dans ce cadre, un partenaire qui apporte de l’exposition vaut davantage que son seul chèque, dont le montant n’a pas été communiqué.

Betclic décline donc le partenariat en contenus et en activations. Chaque mois, « Le plus beau point du mois » met en avant une action sur ses réseaux sociaux. En salle, le Défi Betclic fait gagner des paris offerts à un joueur sélectionné, au milieu du terrain, pendant une pause du match. Le trophée « Joueur du match Betclic », inspiré des cartes de joueurs de l’application, récompense aussi le meilleur joueur ou la meilleure joueuse de chaque rencontre. Enfin, les deux partenaires poursuivent un programme contre le cyberharcèlement des athlètes.

Un porte-parole de Betclic résume l’intention : « Notre rôle est de mettre nos audiences, nos plateformes et nos contenus au service de la visibilité des championnats et de leurs acteurs, tout en créant des expériences qui prolongent le lien avec les supporters. » Le discours rejoint celui de la ligue : un partenaire qui investit l’audience et les contenus, plutôt que le nom.

Un sponsoring à la carte pour les opérateurs de paris

Ce renouvellement illustre une tendance de fond. Désormais, les marques n’achètent plus forcément tout un actif sportif. Elles prennent la pièce qui sert leur métier. Winamax suit par exemple la même logique au basket, en ne portant le maillot du Paris Basketball qu’en EuroLeague.

Chez Betclic, le portefeuille se lit de la même façon. Le groupe prend le nom quand le championnat le justifie, comme en basket. Il prend la diffusion et les salles quand le sport construit encore son public, comme dans le volley. Enfin, il mise sur l’ancrage local, à l’image du partenariat prolongé avec l’UBB jusqu’en 2030. Dans tous les cas, l’objectif reste identique : faire de chaque match un moment passé dans l’application.

Pour la LNV, l’équation tient aussi. Elle garde ses namers en vitrine et gagne un canal de diffusion de plus, sans céder le nom de ses championnats. Pour Betclic, le volley devient alors moins un sponsoring qu’un programme de son application.

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