Prolongé jusqu’en 2030, le partenariat Betclic UBB embarque tout le rugby bordelais

Joueurs de l'UBB, des Lionnes du Stade Bordelais et de l'UBB Sevens en match, avec les logos Betclic et des trois équipes

Betclic a signé avec l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) en 2018, l’année de son installation à Bordeaux. Il a aussi sponsorisé le maillot des Girondins, avant d’en sortir en 2021. Cinq ans plus tard, le foot bordelais a quitté les championnats nationaux, et le partenariat Betclic UBB court désormais jusqu’en 2030. Ce n’est pas un repli sur le rugby. C’est le choix d’un opérateur qui a suivi son public.

Trois contrats, un seul territoire

Betclic a annoncé le 17 septembre 2026 trois renouvellements simultanés. D’abord, l’accord avec l’UBB court jusqu’en 2030. Ensuite, les Lionnes du Stade Bordelais, quadruples championnes de France, prolongent jusqu’en 2029. Enfin, l’UBB Sevens, l’équipe de rugby à 7 du club, suit le même calendrier.

Les trois équipes ne sont pas arrivées ensemble dans le portefeuille. Betclic est partenaire de l’UBB depuis 2018. En 2021, il passe sur le maillot du club pour deux saisons. Puis il ajoute les Lionnes en 2023, et l’UBB Sevens en 2024. Autrement dit, le groupe a construit sa présence étage par étage. Il est parti du club professionnel masculin pour aller vers le rugby féminin et le rugby à 7.

Comme d’habitude dans le sponsoring sportif, Betclic et les clubs n’ont pas communiqué le montant des contrats.

Betclic a joué les deux cartes bordelaises

Le calendrier mérite qu’on s’y arrête. En 2018, Betclic installe son siège à Bordeaux et signe aussitôt avec l’UBB. Or, un an plus tard, il devient aussi sponsor dos du maillot des Girondins de Bordeaux, alors en Ligue 1. Le groupe mise donc sur les deux clubs phares de sa nouvelle ville.

Le contrat avec les Girondins s’arrête en 2021. Cette année-là, le club traverse déjà une première crise financière. Ensuite, la chute s’accélère. En 2024, les Girondins perdent leur statut professionnel et tombent en National 2, le quatrième échelon. Puis, fin juin 2026, la Direction nationale du contrôle de gestion, le gendarme financier du football français, les exclut du championnat National. Le juge des référés a confirmé cette décision le 21 août.

Betclic n’a donc pas remplacé les Girondins par le rugby au lendemain de leur descente. Il avait choisi l’UBB six ans plus tôt. Pourtant, le résultat est le même aujourd’hui. Dans une ville où le football a quitté le haut niveau, l’opérateur bordelais est associé au club qui joue à guichets fermés.

Pourquoi l’UBB vaut plus qu’un maillot pour un opérateur de paris

Les chiffres de l’UBB expliquent l’échéance de 2030. Le club est double champion d’Europe en titre. Selon le communiqué, il réunit plus de 30 000 spectateurs en moyenne en saison régulière de Top 14, la meilleure affluence du championnat. Il compte aussi 22 000 abonnés et une communauté de plus d’un million de fans sur les réseaux sociaux.

Surtout, Betclic dispose d’un indicateur qu’aucune autre marque ne possède : ce que parient ses clients. Or l’UBB est la deuxième équipe de Top 14 la plus pariée sur l’application, derrière le Stade Toulousain. En effet, plus de 20 % des joueurs Betclic ont parié sur le rugby la saison dernière. Enfin, les paris sur ce sport ont progressé de 15 % depuis 2021, année du partenariat avec la Ligue nationale de rugby.

Pour un opérateur de paris, le sponsoring se mesure donc aussi en activité. Un club qui attire les parieurs locaux vaut davantage qu’un club simplement exposé à la télévision.

Ancrage local contre quadrillage national

Cette logique tranche avec celle de son principal concurrent. En effet, Winamax habille aujourd’hui cinq maillots de Ligue 1, de Lens à Toulouse. Winamax achète de la couverture nationale. Betclic, lui, s’appuie sur deux étages distincts. Au niveau national, il est partenaire des ligues et des fédérations : rugby, football, volley, basket et handball, avec la FFHandball jusqu’en 2028. Au niveau local, il se présente comme le sponsor de sa ville.

Le portefeuille bordelais le confirme. En plus des trois équipes de rugby, Betclic accompagne le tennis de la Villa Primrose. Il soutient aussi les Boxers de Bordeaux en hockey sur glace, ainsi que l’équipe féminine de volley-ball de la ville.

Le partenariat Betclic UBB veut dépasser le logo

Le communiqué insiste sur un argument : Betclic apporte plus que de l’argent. Le groupe revendique 5,5 millions de joueurs, des contenus et des activations capables de prolonger la visibilité des clubs au-delà du stade. Autrement dit, le sponsor se présente aussi comme un média, qui diffuse le club auprès de sa propre audience.

L’accord Betclic UBB comprend aussi un volet moins attendu. Les trois équipes pourront bénéficier du programme de Betclic contre le cyberharcèlement des athlètes. Le sujet n’est pas neutre pour un opérateur de paris. Dans plusieurs sports, à commencer par le tennis, des athlètes dénoncent régulièrement les insultes de parieurs déçus.

Cependant, le communiqué reste discret sur les activations concrètes prévues d’ici 2030. C’est là que se jugera la promesse d’un partenariat qui dépasse la seule visibilité de marque.

Ce que ce renouvellement dit du marché

Pour une marque de paris sportifs, être le sponsor de sa ville offre un récit plus facile à porter. Car le secteur reste sous surveillance de l’Autorité nationale des jeux, qui contrôle la pression publicitaire des opérateurs. Financer le rugby féminin, le rugby à 7 et plusieurs sports d’un même territoire change l’image du groupe. Betclic y apparaît comme un acteur local, et plus seulement comme un annonceur.

Reste la question de la durée du contrat Betclic UBB. En signant jusqu’en 2030, Betclic prend un pari sur la capacité de l’UBB à rester au sommet. Le club a transformé l’engouement bordelais en résultats européens. Le partenariat Betclic UBB lie désormais l’image du groupe à cette trajectoire, pour le meilleur comme pour les saisons plus difficiles.

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